Observation du marché

La navigation intérieure européenne

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A2016 Q1

Aperçu du marché
Printemps 2016

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A2016 Q2

Observation du marché
Année 2016

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A2016 Q3

Aperçu du marché
AUTOMNE 2016

6

A2016 Q4

Aperçu du marché
Hiver 2016-2017

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4. Demande de transport par catégories de marchandises sur le Rhin

L’évolution de la demande de transport sur le Rhin au cours des trois premiers trimestres de l’année 2015 est décrite ci-après. Les effets des basses eaux au troisième trimestre ne sont intentionnellement pas abordés de manière plus détaillée, bien que ceux-ci aient bien sûr affecté l’évolution. Afin d’éviter les répétitions, il peut toutefois être souligné dès à présent que les basses eaux ont eu un effet négatif sur les volumes de transport pour quasiment tous les segments de marchandises. Ce phénomène est illustré dans les deux tableaux en annexe qui présentent les chiffres exacts concernant les volumes transportés au 1er semestre pour tous les segments de marchandises, ainsi que les totaux correspondants pour les trois premiers trimestres.

 

30% du transport de l’industrie sidérurgique allemande s’opère sur les voies navigables

PRODUITS AGRICOLES, ALIMENTAIRES ET FOURRAGES

Environ 6,2 millions de tonnes de produits agricoles et forestiers ont été transportées au cours du premier semestre de l’année 2015, soit une hausse de 11% par rapport à 2014. La comparaison pluriannuelle montre que les volumes de transport les plus élevés sont atteints en octobre. À ce jour, le transport des produits alimentaires et fourrages n’a pas connu de variations cette année par rapport à l’année 2014. De janvier à juin, au total 3,5 millions de tonnes ont été transportées, soit autant qu’au cours de la même période de l’année précédente. La somme des deux segments représente un total transporté d’environ 9,7 millions de tonnes, contre 9,1 millions de tonnes l’année précédente et 9,8 millions de tonnes en 2013. Au premier semestre de l’année 2015, le volume se situe par conséquent dans la moyenne pluriannuelle (pour la période 2002-2013).

MINERAIS, MÉTAUX ET PRODUITS MÉTALLIQUES

Le transport de minerai sur le Rhin a atteint, au premier semestre de l’année, 13,4 millions de tonnes, soit un volume similaire à celui de la même période pour l’année dernière. L’évolution fait apparaître une légère tendance à la hausse au cours du premier semestre, puis une baisse au deuxième semestre.

Transport mensuel de minerai sur le rhin traditionnel (MIO.T)

Source : Calcul du Secrétariat de la CCNR d’après des données de destatis

Comme au cours du premier semestre de l’année 2014, le transport de métaux et produits métalliques a augmenté (cette fois de 7%) et a ainsi maintenu sa légère tendance à la hausse. 6,1 millions de tonnes ont été transportées. Des baisses significatives ont également été constatées dans ce secteur à partir du mois d’août, d’environ 10 à 20% par rapport aux mois précédents. La navigation intérieure a pu gagner quelques parts de marché dans la répartition modale des activités logistiques de l’industrie sidérurgique. Selon les indications de l’association professionnelle de l’industrie sidérurgique allemande (Wirtschaftsvereinigung Stahl), sa part modale atteint actuellement environ 30% pour l’intégralité de la logistique sidérurgique (minerais, charbon, déchets, produits finis). Cette part a augmenté d’environ 5% depuis l’année 2003. L’essentiel de la production allemande d’acier se concentre sur la partie occidentale du pays, avec une liaison au réseau de voies navigables. Entre janvier et octobre inclus, la production d’acier brut est restée stable en Allemagne par rapport à la même période de l’année précédente. Les chiffres concernant les nouvelles commandes laissent toutefois présager un affaiblissement au cours de l’année à venir. Les nouvelles commandes ont baissé de 6% au cours des trois premiers trimestres de l’année 2015, tandis que les livraisons de produits sidérurgiques ont baissé de 3%. L’association allemande de l’acier ne prévoit aucune amélioration substantielle en 2016.

CHARBON

Les transports de combustibles solides ont atteint 15,6 millions de tonnes au premier semestre, soit une légère baisse de 2,6% par rapport à la même période de l’année dernière. Il s’agit de la deuxième baisse consécutive, un recul ayant déjà été constaté au premier semestre de l’année 2014 par rapport à la même période de l’année 2013. Cette baisse peut s’expliquer par la diminution de la consommation de houille en Allemagne, qui a atteint environ 3% en 2015. Selon le Conseil allemand des bilans énergétiques (Arbeitsgemeinschaft Energiebilanzen), il s’agit d’une conséquence du développement des éoliennes et des conditions de vent favorables.2 Une baisse de la demande en houille du secteur de l’énergie (production d’électricité) est en conséquence constatée, ce qui explique le recul des importations et des transports sur le Rhin. La maintenance de centrales thermiques peut aussi expliquer cette baisse. Environ la moitié (47%) des importations de houille parvient en Allemagne par bateau de navigation intérieure sur le Rhin en provenance des ports ARA. Toutefois, la houille importée par voie ferroviaire a connu entre 2012 et 2014 une hausse de 9,7 millions de tonnes à 15,9 millions de tonnes, soit une hausse supérieure à celle des quantités importées via le Rhin (hausse de 24,4 à 26 millions de tonnes).3 15,6 millions de tonnes de charbon ont été manutentionnées au cours du premier semestre 2015 dans le port maritime de Rotterdam. Ici également, le résultat a été inférieur à celui de la même période de l’année précédente (-2,2%). Le total annuel a atteint 30,7 millions de tonnes, soit une légère hausse de 1%. Les perspectives sont très modérées. L’association des importateurs allemands de charbon (Verein der deutschen Kohleimporteure) prévoit une stagnation voire une légère baisse des importations de houille, qui aurait un effet négatif en conséquence pour le transport de charbon sur le Rhin. L’industrie sidérurgique fait également état de prévisions plutôt négatives (voir ci-avant). Ces éléments permettent de conclure à une légère baisse de la demande de transport de charbon pour l’année 2016. Les conditions météorologiques auront également une certaine incidence qu’il est impossible de prédire.

La moitié des importations allemandes de houille est transportée sur le Rhin

Le transport de conteneurs sur le Rhin atteint une part de marché élevée entre les Pays-Bas et la région du Rhin inférieur en Allemagne

CONTENEURS

Pour la troisième fois d’affilée, le transport de conteneurs a dépassé, au cours d’un semestre, le seuil des 1.000.000 EVP. Comme l’année précédente, l’augmentation du nombre de conteneurs et d’EVP a été plus forte que celle des quantités de marchandises transportées. Il est néanmoins possible de parler également d’une accélération de la croissance pour les volumes transportés, le taux de croissance étant passé de 2,5% en 2014 à 3,5% en 2015. En ce qui concerne la manutention de conteneurs dans les ports maritimes, Rotterdam a enregistré, au premier semestre, une hausse de 3,7% pour les EVP et de 2,3% pour les quantités de marchandises transportées. Au troisième trimestre 2015, une baisse de 6% a été constatée par rapport au même trimestre de l’année précédente.

TRANSPORT DE CONTENEURS SUR LE RHIN TRADITIONNEL AU PREMIER SEMESTRE, 2013 – 2015

 

Nombre
de conteneurs
1 000 EVPPoids des marchandises
transportées en conteneurs
(millions de tonnes)
665.2131.0197,71er semestre 2013
700.2851.0857,91er semestre 2014
745.1691.1658,21er semestre 2015
+5,3 %+6,5 %+2,5 %Taux de variation 2014 / 2013 (%)
+6,4 %+7,3 %+3,5 %Taux de variation 2015 / 2014 (%)

Source : Calcul de la CCNR d’après des données de destatis

+ 7,3% Croissance de 7,3% du transport de conteneurs au cours du premier semestre 2015

Selon l’Office fédéral allemand du transport de marchandises (Bundesamt für Güterverkehr4), la navigation intérieure transporte dans l’intégralité du corridor Rhin-Alpes (y compris l’Italie) un nombre d’EVP légèrement supérieur à celui transporté par le chemin de fer. Au sein de ces deux modes de transport, leur part de marché moyenne est de 52%. Sur certains trajets ne concernant pas l’Italie, cette part de marché est toutefois nettement plus importante. Ce constat concerne les parcours les plus fréquentés de l’ensemble du corridor multimodal Rhin-Alpes, par exemple celui situé entre les Pays-Bas et la Belgique, d’une part, et la région de Düsseldorf, d’autre part. Un autre parcours très fréquenté et pour lequel la navigation rhénane détient d’importantes parts de marché est celui situé entre la Belgique et les Pays-Bas, d’une part, et la région de Rheinhessen-Pfalz, d’autre part. Pour ces parcours, la part modale de la navigation intérieure est supérieure à 80% (voir le tableau ci-après). Ces parts de marché élevées reflètent le transport portuaire de l’arrière-pays à partir de Rotterdam et d’Anvers. Les régions de Düsseldorf et Rheinhessen-Pfalz font partie de l’arrière-pays privilégié par ces ports maritimes, qui sont fortement axés sur la navigation intérieure.

PARCOURS PRÉSENTANT LE PLUS GRAND NOMBRE DE TRANSPORTS DE CONTENEURS
DANS LE CORRIDOR RHÉNAN (PARCOURS AVEC UN VOLUME DE MARCHANDISES SUPÉRIEUR
À 100 000 EVP PAR AN) ET PARTS DE MARCHÉ DE LA NAVIGATION INTÉRIEURE PAR RAPPORT
AU TRANSPORT FERROVIAIRE DE MARCHANDISES*

 

Région / pays
d’expédition
Région / pays de
destination
Transports
en 1 000 EVP
Part de la navigation
intérieure
Pays-BasDüsseldorf36783%
DüsseldorfPays-Bas28781%
BelgiqueItalie1930%
ItalieBelgique1770%
Rheinhessen-PfalzBelgique15884%
DüsseldorfBelgique15084%
Pays-BasItalie1450%
BelgiqueRheinhessen-Pfalz13077%
Pays-BasRheinhessen-Pfalz12191%
Pays-BasSuisse12161%
ItaliePays-Bas1130%
BelgiqueDüsseldorf11273%
Rheinhessen-PfalzPays-Bas11191%

Source : Office fédéral des transports de marchandises * valeurs pour 2013

PRODUITS DE CARRIÈRES ET MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

13 millions de tonnes ont été transportées au premier semestre, soit une légère progression de 1,5%. Le graphique ci-après montre que le transport de sables, terres et matériaux de construction connaît une légère tendance à la hausse, en dépit de fortes variations saisonnières.

Transport mensuel de sables, terres et matériaux de construction sur le rhin traditionnel

Source : Destatis et calcul de la CCNR

PRODUITS CHIMIQUES

Avec un volume de 10,4 millions de tonnes, le transport de produits chimiques sur le Rhin traditionnel a connu, au cours des 6 premiers mois de l’année, une baisse de 2,8% par rapport à la même période sur l’année précédente. Ce résultat relativement faible reflète la conjoncture tout aussi morose de l’industrie chimique. Le Rhin demeure toutefois une voie de transport essentielle pour l’industrie chimique, sans laquelle celle-ci ne serait pas en mesure de mener à bien la totalité de ses activités économiques en Europe centrale et occidentale. En témoigne l’exemple du plus grand parc chimique du monde, à Ludwigshafen, où 16 millions de tonnes de marchandises sont manutentionnées annuellement, dont une part de 40% par bateau. Une augmentation des quantités manutentionnées est prévue, avec au minimum un maintien de la part de la navigation intérieure. L’industrie est très intéressée par la poursuite de l’amélioration de l’efficacité du transport par voie d’eau ainsi que les processus de manutention dans les ports maritimes. Les bateaux de navigation intérieure subissent, en effet, des retards en raison de faibles capacités des terminaux et du traitement prioritaire des navires de mer lié à ces faibles capacités. Les délais d’attente qui en résultent donnent lieu à des surestaries, impliquant des pertes financières pour les chargeurs

PRODUITS PÉTROLIERS

Le transport de produits pétroliers liquides a connu une hausse au cours de l’année 2014 et du début de l’année 2015, notamment en raison de la baisse des cours du pétrole. Comme pour les autres segments de marchandises, le troisième trimestre a ensuite été marqué par un ralentissement. Le volume transporté s’élevait à 15,3 millions de tonnes au premier semestre de l’année 2015, soit une hausse de 12% par rapport à la même période de l’année précédente. Il peut sembler logique d’expliquer cette hausse par l’augmentation de la consommation de produits pétroliers, elle-même liée à la baisse des prix. Or, les données concernant les ventes de produits pétroliers ne font pas apparaître une telle hausse de la demande. Les ventes de carburant automobile (essence super) ont ainsi même légèrement reculé en Allemagne au cours du premier semestre de l’année 2015 (-1,7%), tandis que les ventes de carburant diesel n’ont augmenté que d’un pour cent.5 Ce constat témoigne de la faible sensibilité de la demande aux prix sur le marché des produits pétroliers, marqué depuis des années par une tendance à la saturation en termes de consommation. Une augmentation de la production des raffineries (+5,7%) peut être constatée en Allemagne pour le premier semestre, résultant des meilleures marges obtenues dans le contexte du faible prix du pétrole. Toutefois, celle-ci n’explique que partiellement l’augmentation du transport. L’augmentation de la demande de transport résulte essentiellement de facteurs particuliers et de changements sur les marchés à terme du pétrole.

Au cours du premier semestre de l’année 2015, la baisse rapide des prix a provoqué sur le marché à terme une légère situation de report, signifiant qu‘une hausse des prix du pétrole à long terme est à attendre, ce qui rentabilisera le stockage de produits pétroliers. La navigation citerne est utilisée pour le transport des produits jusqu’aux sites de stockage. D’autres facteurs positifs résultent de la fermeture probablement définitive de l’une des deux raffineries suisses. Cette raffinerie (à Collombey, canton du Valais) a cessé son activité en mars 2015 et une reprise de l’activité est improbable. La deuxième raffinerie suisse (à Cressier /Canton de Neuchâtel) a fait l’objet de travaux de maintenance durant six semaines en mai et juin, ce qui a également entraîné des pertes de production. Ces pertes de productivité ont eu pour conséquence une forte hausse des quantités importées en Suisse par bateau de navigation intérieure. La manutention dans les ports rhénans suisses des deux Bâle a augmenté de 75% pour atteindre, au premier semestre, 1,6 millions de tonnes (contre 0,9 millions de tonnes au cours de la même période de l’année précédente6). En 2014, la part modale de la navigation rhénane pour l’importation en Suisse de pétrole brut et de produits pétroliers a atteint 18,7%.7 Après déduction des importations de pétrole brut, la part modale pour les importations de produits pétroliers a atteint environ 32%. La fermeture de la raffinerie de Collombey laisse présager une hausse de la part modale de la navigation rhénane pour les deux indicateurs de la répartition modale.

1/3 La Suisse concentre un tiers de ses importations de produits pétroliers sur le Rhin

Aperçu du marché
Printemps 2016

Un projet co-financé parCommission Européenne

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